La seule façon de te parler, de Cathy Ytak [Amour en langage des signes]

Titre du livre : La Seule Façon de te parler (Mes années collège)

Auteur : Cathy Ytak

Genre(s) du roman : Jeunesse, romance

Éditions : Nathan (Poche)

Année de publication : 2015

Nombre de pages : 131

Histoire : Nine est en cinquième et déteste l’école. C’est la boule au ventre et pleine d’appréhensions qu’elle y va chaque matin. Mais tout cela pourrait bien changer lorsque, pour s’approcher du garçon qu’elle aime, Ulysse, elle décide d’apprendre la langue des signes.

LSFDTP


AVIS :

  Pour changer, voilà un peu de littérature jeunesse. Trouvé dans ma boîte aux lettres, La Seule Façon de te parler est un livre que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. J’avais déjà reçu, il y a quelques mois, un autre livre de Nathan : Lundi, couscous, écrit par Loïs Murail. Ces deux livres ont en commun leur raison d’être : ils répondent tous les deux à une invitation faite à différents auteurs, celle d’écrire à la première personne les sentiments et événements qui peuvent chambouler la vie d’un collégien. J’avais relativement bien aimé le livre de Loïs Murail, et j’avoue que j’étais curieuse de lire un autre livre de « Mes années collège ». A cette curiosité s’est ajouté un autre intérêt : celui que j’ai pour la LSF (langue des signes française). J’ai toujours été très intéressée par cette langue, et si je ne me suis pas encore mise à l’apprendre, c’est plus par manque de temps que de volonté. Ayant vu récemment une série géniale dont un des personnages principaux est sourd, j’étais vraiment enthousiaste à l’idée de voguer sur ce thème !

  Comme je l’ai dit, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce livre. Je l’ai préféré à celui de Loïs Murail, mais il n’y a pas vraiment de comparaison à faire puisque les deux livres traitent de façon très différente la vie collégienne. Là où Loïs Murail soulignait les événements et un problème propre à tout l’établissement, voire toute la ville, Cathy Ytak s’est intéressée sur les sentiments intimes d’une élève. Le texte est à la première personne : c’est une enfant qui raconte son histoire, et cela se ressent dans le style de l’auteure. Les phrases ne sont pas toujours à cent pour cent correctes, mais elles sonnent justes oralement parlant. Cela permet à la fois au lecteur de s’identifier très rapidement avec Nine -ou au moins d’être empathique à son égard- mais aussi à la lecture d’être très facile. Les chapitres sont courts (à l’instar du livre), le style très oral et filant. Cela rend le livre très plaisant à lire, d’autant plus qu’il n’y a aucun temps mort. Une chose est certaine, le livre ne fera pas long feu entre vos mains !

  J’avoue que j’avais un peu peur quant à la manière dont l’auteur traiterait de la LSF. À décrire une langue uniquement visuelle, elle risquait vite de tomber dans le lourd ou l’artificialité. Mais non. Finalement, il y a très peu de descriptions de signes. Elle parle de la manière d’apprendre une langue, du sentiment qu’on peut avoir à voir des personnes signer, rapporte des conversations, etc. Bref, elle partage une expérience d’apprentissage de langue, et on y croit ! Certes, on n’apprend pas de signes, mais là n’est pas l’intérêt du livre. Et puis, on apprend tout de même plusieurs choses sur la LSF. Personnellement, je ne m’attendais pas à apprendre quoi que ce soit avec cette lecture, mais je me suis pourtant couchée moins bête après ce livre. J’ai appris des petites anecdotes auxquelles je ne m’attendais vraiment pas, et sur ce point le livre a été une vraie surprise !

  Pour ce qui est de l’histoire, elle est vraiment plaisante à lire. Le format court du livre permet à l’intrigue de filer au bon rythme ; rien n’est hâté, rien ne traîne en longueur. Il est vrai qu’il ne se passe pas grand-chose d’extraordinaire et que l’histoire est plutôt banale (une fillette qui n’aime pas l’école reprend plaisir à l’apprentissage), mais en même temps, c’est le but même de cette collection : donner voix au collégien lambda. L’auteur arrive très bien à refléter les sentiments d’une enfant de 14 ans, et j’ai souvent retrouvé la jeune moi dans ces pages. La peur de l’école, l’impression d’un gouffre qui sépare les adultes de ces jeunes, le sensation d’être perdu, les premiers émois amoureux, les amis (anciens ou nouveaux), tout cela est transmis avec justesse, justement grâce à la voix de Nine.

  En effet, comme je l’ai déjà dit, l’histoire est raconté par Nine, collégienne mal dans sa peau. Le style utilisé reflète cette parole et met des sentiments sur chaque « petit quelque chose » qui se passe. Le personnage de Nine est donc parfaitement bien exploité. Elle est une fille comme les autres, avec ses peurs et ses envies, ses qualités et ses défauts, et c’est vraiment facile de s’attacher à elle. Le tout petit bémol que l’on pourrait émettre est le fait que les autres personnages sont en retrait par rapport à elle, mais c’est logique en fin de compte. Elle raconte l’histoire, ne connaît pas les pensées des autres personnages, et puis, le livre est court, il aurait été donc difficile de les développer de manière cohérente à la narration. Cependant, tous les personnages qui gravitent autour de Nine sont attachants : ses parents, Ulysse, Marion, Noah…

  Finalement, le livre met l’accent sur les sentiments de la fillette : malaise scolaire, béguin amoureux et découverte d’une passion (la LSF). Autant le dire tout de suite, ces trois thèmes sont très bien exploités. Ce sont des points sur lesquels on peut facilement glisser dans la facilité et les clichés, mais heureusement, ici il n’en est rien. Les sujets sont traités non comme des problèmes / situations mais comme faisant part de la vie de l’héroïne, et pour cela, ils semblent vrais. Les passions sont très bien décrites, et on n’a aucun mal à imaginer ces émotions, à ressentir ce que l’on nous décrit.

  Je crois qu’il est assez évident que j’ai apprécié ce livre, tant pour son histoire que pour la manière dont elle est racontée.Voilà un roman à mettre entre les mains d’un collégien -voir d’un futur collégien. Il s’y retrouvera forcément et passera, en prime, un bon moment !


« En cours d’anglais, j’ai pensé à ça : aux langues. Comment passer d’une langue à l’autre, comment les apprendre. Finalement, avec l’anglais, c’est facile. On peut lire, écrire, mémoriser comme n’importe qu’elle matière. »

« La LSF, c’est comme toutes les langues. Quand on apprend, on peut se planter et dire des choses énormes sans s’en apercevoir. Alors il vaut mieux en rire. »


17/20

Super agréable !

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