Pourquoi pas ? [Lire ce livre]

Titre du livre : Pourquoi pas ?

Auteur : Samuel Stento et Rémy Sellier

Genre(s) du roman : Livre illustré, encyclopédie graphique

Public visé : Le monde

Edition :Editions de la Cerise

Parution originale : 2006 (2010 pour cette édition)

Nombre de page : 12

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De quoi il est question : Parce que vous vous posez toujours des questions inutiles auxquelles il vous paraît primordial de répondre, Pourquoi pas ? est là pour vous fournir des réponses. Avec cette petite encyclopédie vous saurez enfin pourquoi le Père Noël est rouge, pourquoi nous avons deux yeux, pourquoi les enfants perdent leurs dents ou encore le pourquoi de la conquête spatiale. Attention, votre vie risque d’être chamboulée si vous ne prenez pas le temps de digérer ces illuminations de génie.


AVIS :

Voilà un petit Ovni que je n’avais pas prévu de lire. En fait j’ignorais son existence –et celle de sa maison d’édition que je recommande chaudement pour ses choix graphique- avant de me retrouver devant le stand de celle-ci au festival de B.D. de Colomiers. Jusqu’ici, j’avais beau eu feuilleter les livres proposés, rien ne kidnappait mon cœur, et voilà que je me suis retrouvée devant ce petit livre, incapable de dire non. Il faut dire qu’il rentrait pile poil dans le budget que je m’étais fixé, et qu’il m’avait l’air amusant en plus d’être intéressant sur le plan de la maquette. Je l’ai donc acheté à 17 h 04 et terminé à 18 h 48. Alors ai-je bien fait d’écouter mon cœur ? Me suis-je fait avoir par une maquette originale et deux trois phrases accrocheuses ? Vous le saurez, dans le prochain paragraphe.

Globalement, le livre est très bien : joli (soyons artificiels), original, avec de beaux rabats, du papier agréable au toucher et des mises en pages super rafraîchissantes. Mais je n’ai pu m’empêcher d’être déçue, tout d’abord du texte, et ce dès les premières lignes. En effet, parmi un texte amusant se cachent –plutôt mal d’ailleurs- plusieurs coquilles. Certaines ÉNORMES, d’autres plus subtiles, mais sérieusement, laisser des fautes dans le sommaire (« la fin dans le monde » sic.) et dans des titres de chapitre (« Pourquoi Dieu n’est-il pas une huîter » sic.), c’est-à-dire à des endroits qui sautent aux yeux, on se dit qu’une petite relecture en plus n’aurait pas fait de mal, d’autant plus qu’il s’agit-là de la deuxième édition du livre. Le prix des livres illustré est suffisamment élevé pour qu’on puisse s’attendre à ne pas trouver autant de fautes.

Autre petit défaut : le contenu du texte. Je ne dis pas qu’il est nul, attention. J’ai beaucoup aimé certains passages, et j’y reviendrai. Mais n’empêche, j’ai été déçue. Déçue parce qu’alors que le livre se donne l’ambition de répondre à toutes nos interrogations, il y a des fois où, entre la question et la réponse, on se demande bien où est le lien. Je pense que l’auteur s’est laissé entraîner dans son délire, mais le problème est que, lorsqu’on lit ce livre et qu’on n’est pas dans son délire, on a l’impression de manquer d’informations pour comprendre la blague. Et c’est dommage parce que cela nous fait nous demander si nous ne nous sommes pas faits avoir, ou si on ne nous a pas pris pour de bonnes poires. Après, il ne faut pas croire que le texte soit toujours à côté de la plaque, et nous avons droit à des envolées lyriques, oniriques et imaginaires magiques. C’est typiquement le genre de lecture qui nous donne le sourire et nous donne envie de nous poser nos propres questions pourries, de répondre à notre tour. Sérieusement, la mathématique des regards musicaux et le coup de la raison de la couleur du Père Noël me resteront longtemps en mémoire. Notez l’avant propos sur les rabats du livre qui nous propose le point de vu d’un des cheveux de l’auteur sur la raison de ce livre. Certes, on trouve dès ces lignes une coquille (mais rien de grave cette fois-ci, juste un détail irritant lorsque, comme moi, on travaille actuellement sur le code typographique), mais ça donne tout de suite envie de se plonger dans l’imaginaire de cet auteur.

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Parlons visuel maintenant, parce que c’est ce qui m’a attiré vers ce livre en premier lieu. La maquette est vraiment super, je ne change pas d’avis là-dessus après avoir lu le livre. Presque chaque page a sa propre identité, son originalité, et pourtant on n’a jamais l’impression de tomber sur du grand n’importe-quoi. Au contraire, il y a une cohérence tout le long de l’ouvrage grâce aux deux différents types d’illustrations, au cercle qui revient comme un motif obsédant (cercles, globes, arcs de cercle, ronds des pages de titre de partie, lunes, vagues…). Le maquettiste (ou l’auteur) joue sur les corps et les couleurs du texte, les capitales –grandes et petites-, la disposition des mots, etc. pour donner du sens à ce qu’on lit. C’est très inspirant et joli, exactement ce que j’espérais.

Les illustrations sont aussi très agréables. Il y en a de deux sortes. Celles de Samuel Stento sont souvent colorées, avec un style enfantin qui nous replonge dans l’enfance. Elles ont toujours un petit quelque chose de complètement décalé qui nous rappelle nos élucubrations enfantines. Celles de Rémy Sellier (enfin, je crois qu’elles sont de lui, parce que sinon je ne vois pas ce que son nom vient faire en tant qu’auteur, les informations manquent là-dessus), au contraire, ont quelque chose de scientifique, de réel. On croirait à des dessins d’architecte ou de designer, voire à des gravures de l’Encyclopédie. Quand un livre de targue d’être une encyclopédie, ça en jette. Alors ces deux styles d’illustrations opposés et complémentaires, couplés à des jeux sur la typographie et à une maquette soignée, ça ne peut que donner quelque chose de super frais et d’original. Un petit quelque chose qui m’a d’ailleurs donné envie d’acheter le livre.

Après, je ne peux m’empêcher de noter deux petits bémols à cette mise en page. Un, les illustrations de Samuel Stento, ont quelques fois peu de choses à voir avec le texte en vis-à-vis. Elles sont jolies, certes, mais rien ne justifie la place où elles ont été mises. Dommage… Ça a des airs de finissions faites à la hâte. Deux, le livre se termine sur une série d’illustrations justifiées par « Pourquoi ne pas plutôt se taire et observer quelques pages en silence ? ». C’est une bonne idée, je suis d’accord, de laisser parler ainsi l’illustration. Oui, mais au bout d’un moment on se demande si cette succession d’illustrations, parfois un peu inutiles, ne permet pas surtout à combler les blancs. Honnêtement, j’avais l’impression en regardant ces pages que l’auteur n’avait pas eu d’idées pour la suite de son texte, mais que comme ils avaient prévu soixante-douze pages, ils ont mis des illustrations (parfois plusieurs sur le même motif) à la place. Je pense que si cette partie avait été mise au milieu du livre ou avait été abrégée de quatre cinq pages, ça m’aurait moins dérangé, ou tout du moins, moins donné cette mauvaise impression.

Livre de réflexion donc, mais aussi livre picaresque avec sa brochette de personnages attachants, charmeurs et intrigants. Clairement, certains sont sous-développés, mais plusieurs semaines après avoir refermé le livre, trois quatre hantent toujours ma mémoire : j’aimerais les connaître plus. Dommage que ce livre ne nous permette que de passer furtivement dans leur vie : il reste un goût d’inachevé au moment du mot fin.

Finalement, il y a du bon et du moins bon dans ce livre. Je pense que le moins bon me gêne principalement parce que je trouve que le prix méritait que ces erreurs ne soient pas là. N’empêche que j’ai passé un bon moment devant ce livre. J’ai ri, j’ai apprécié rester plantée cinq minutes sur la même double-page, et je relirai à nouveau ce livre, c’est sûr. Maintenant qu’il est chez moi, je ne vais pas m’en priver. Je vous conseille de jeter un coup d’œil sur ce livre, parce que visuellement il vaut le coup. Après, je ne vous conseille pas de l’acheter ou de ne pas l’acheter, de l’offrir ou de ne pas l’offrir : à vous de vous faire votre propre opinion si vous l’avez entre vos mains. Et puis, peut-être que ce qui m’a gêné ne vous posera pas de problèmes, à part, bien sûr, l’énorme « HUÎTER ».


17/20

Un petit bijou d’originalité imparfait

« Si le militaire est vêtu de vert, c’est qu’il a rarement le temps de mûrir, trop souvent fauché dans la fleur de l’âge. Encore la faute à la guerre ? Non, bien sûr que non, pacifistes ignares ! La faute au fleuriste. »

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